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Cognizant Blog

De l’intégration à l’incarnation de l’IA. Dans cet article, nous étudions comment l’intégration de l’Intelligence Artificielle (IA) redéfinit les postes de travail et les processus RH. Par sa maturité sur le sujet IA, l’industrie pharmaceutique semble tout indiquée pour explorer les premiers contours de cette organisation mi-homme mi-agents où la segmentation des tâches est encore en construction. Immersion dans l’entreprise de demain et dans les questionnements de tout dirigeant confronté à ces changements : comment équilibrer contrôle et innovation ?

En janvier dernier, le PDG de NVIDIA, Jensen Huang, faisait les gros titres de la presse en déclarant : « Dans le monde de demain, le service IT des entreprises deviendra le département RH des agents IA ». Une affirmation qui va au-delà de la provocation : depuis que le déploiement d’agents IA est envisagé au sein des entreprises, de nombreuses questions très opérationnelles se posent pour les managers d’équipes et les services RH :

  • Doit-on considérer les agents comme des membres de l’équipe à part entière ? Doivent-ils figurer dans l’organigramme ?
  • Peut-on licencier ou sanctionner un agent pour manquement (par exemple pour non-conformité) ?
  • Les agents IA devraient-ils recevoir une forme de rémunération indexée sur leur niveau de performance ?
  • Doit-on les inclure dans les efforts de team building ?
  • Si une défaillance est constatée, à qui doit-on remonter les problèmes ?

Même si ces questions relèvent pour l’instant de la fiction, elles sont nécessaires à envisager pour mettre en place une stratégie agentique ancrée dans le quotidien : l’entraînement, la gestion, l’évaluation et l’intégration des agents au sein des équipes existantes est un élément de réflexion à prendre en compte dès à présent. Car, selon le rapport de recherche de Cognizant, New Work, New World, 90 % des postes actuels devraient être disruptés d’une manière ou d’une autre par l’IA dans les dix années à venir.

L’exemple de Moderna

Une des premières entreprises à avoir passé le pas de cette stratégie agentique est le laboratoire Moderna. Le fait qu’il s’agisse d’une entreprise de Life Sciences n’est pas anodin : dans ce secteur de la santé, l’IA agentique promet en effet des gains de productivité considérables tout au long de la chaîne de valeur des médicaments, avec un raccourcissement du cycle d’innovation qui pourrait donner un avantage comparatif aux premiers arrivés.

En mai 2025, le géant pharmaceutique annonçait ainsi le rapprochement de ses fonctions IT et RH afin de coordonner de manière plus efficace les missions des employés humains dits « traditionnels » avec les outils technologiques avancés. À la tête de ce département chapeau : un « Chief People and Digital Technology Officer » (littéralement « Directeur des Équipes et des Technologies Digitales »), nouveau poste dévolu à… Tracey Franklin, l’ancienne Directrice des Ressources Humaines.

Cette initiative pionnière de Moderna témoigne bien que les agents IA sont en train de s’imposer comme un segment particulier de la population active et qu’ils doivent être accueillis, formés, intégrés et évalués avec autant d’attention que n’importe quel collaborateur. 

À qui confier cette mission d’encadrement et de supervision ? Au service IT ? Au service RH ? À un service hybride « Ressources IA » ? Cette question reste amplement ouverte et les retombées de l’initiative de Moderna pourront déjà éclairer une partie du chemin. 

Mais, quels que soient les bilans tirés de cette expérience, l’enjeu de supervision, lui, restera critique.

Pour mieux comprendre ce qui se joue, prenons dix exemples d’employés IA types (personas) que l’on pourrait croiser dans les couloirs (ou plutôt les systèmes) d’un laboratoire pharmaceutique dans les années à venir.

Sal, le commercial terrain

  • Fournit des informations en temps réel
  • Personnalise les supports de vente
  • Automatise la prise de contact et le suivi

Regina, la spécialiste en affaires réglementaires

  • Maîtrise les critères de conformité réglementaire dans un environnement complexe et évolutif
  • Identifie et signale les risques
  • Synthétise les informations les plus pertinentes

Tessa, la responsable des essais cliniques

  • Coordonne les activités liées aux essais cliniques sur différents services
  • Monitore la performance de chaque site d’essai en temps réel
  • Identifie et signale les risques opérationnels

Cynthia, la responsable des données cliniques

  • Optimise le processus de validation des données
  • Identifie et résout les incohérences entre les systèmes
  • Prépare les données pour les processus de contrôle

Rupert, le coordinateur de recherche clinique

  • Coordonne les activités quotidiennes de tests cliniques 
  • Recrute et sélectionne les participants
  • Vérifie le suivi du protocole

Mira, la rédactrice médicale

  • Génère automatiquement des protocoles de première intention
  • Prépare les dossiers de soumission et les synthèses
  • Reprend la documentation en fonction des commentaires des participants

Stanley, le biostatisticien

  • Effectue des analyses adaptatives
  • Modélise les critères d'évaluation des essais cliniques
  • Visualise les tendances pour accélérer la prise de décision

Bart, l’ingénieur en bio-informatique

  • Automatise le traitement des données
  • Identifie les nouveaux biomarqueurs
  • Extrait les informations exploitables à partir de jeux de données complexes

Basia, le bioingénieur

  • Conçoit des prototypes via des modèles de simulation et opère les itérations
  • Identifie et signale les anomalies de performance
  • Intègre la documentation réglementaire

Edwin, le technicien en charge de l’équipement médical

  • Prévoit les besoins de maintenance
  • Fournit des conseils de réparation en temps réel
  • Garantit la conformité grâce à un diagnostic continu des équipements

Pour chacun de ces métiers et de ces fiches de poste, la part prise par l’agent l’IA n’est pas la même : elle dépend notamment de la maturité data déjà acquise sur les postes et de la formation en cours aux outils d’IA générative. Cependant, sur toutes ces fonctions, la croissance de l’adoption est manifeste (pour certains métiers, le bond est du simple au triple, voire plus).

Schéma stratégie de données

Source: Cognizant and Oxford Economics

Figure 1

Des agents en pleine évolution professionnelle

De la même façon que les collaborateurs humains vont faire progressivement de la place à ces personas IA, ces collaborateurs agentiques vont également connaître une évolution sur leur poste : d’abord assistants de l’expertise humaine, ils vont peu à peu apprendre de l’expérience et gagner en autonomie sur les tâches qui leur sont assignées. Ce qui pose la question cruciale de la supervision.

Prenons par exemple un agent en charge de la conformité. Dans les premières semaines de son déploiement, cet outil IA sera sûrement amené à assister le responsable réglementaire humain en automatisant certaines tâches répétitives comme le suivi de l’actualité réglementaire, le signalement d’incohérences dans la documentation et la génération de rapports d’audits.

Mais à mesure que le système gagnera en expérience, l’agent IA pourra prendre en charge des responsabilités plus complexes comme la réalisation de bilans d’exposition aux risques, le recoupement de réglementations internationales évolutives ou encore la rédaction d’ébauches de plans de conformité.

L’enjeu de supervision au cœur de la transformation

Mais la question, alors, devient celle du contrôle : quel collaborateur humain peut à la fois superviser les tâches accomplies par l’agent et l’évolution de l’agent ? Qui s’assure que l’agent est formé sur les bons standards et les bons protocoles ? Qui définit les limites éthiques de son travail ? Qui valide les livrables et intervient quand des corrections apparaissent nécessaires ?

Ces questions ne relèvent pas de la science-fiction : elles sont des problématiques opérationnelles qui peuvent toucher d’un jour à l’autre toute entreprise susceptible d’utiliser des agents, que ce soit dans le secteur de la santé ou non. Elles doivent donc être adressées dès à présent par les dirigeants de ces organisations.

Une réponse fonctionnelle : la task force RH/IT/Métiers

Doit-on, à l’image de Moderna, privilégier un modèle de fusion entre deux entités organisationnelles (l’IT et les RH) pour passer le cap de l’agentique ? La décision est sûrement radicale mais elle véhicule l’idée que plusieurs compétences doivent être réunies pour assurer une supervision intelligente de cette collaboration homme-IA. 

Dans cette optique, notre recommandation porte plutôt sur une approche de type task force réunissant l’IT, les RH mais aussi les responsables fonctionnels pour apporter une vision métier ancrée dans la réalité opérationnelle. Cette task force apporterait en effet un creuset de compétences techniques, l’expertise sur le domaine traité et la connaissance de l'organisation, sans omettre le contact humain indispensable pour faire aboutir les projets et maintenir des normes de qualité élevées. Au-delà, cette task force doit avoir pour mandat de faire respecter l’intégration de ces agents IA dans les processus métiers : ces outils doivent pouvoir être traités de manière cohérente au sein de l'architecture informatique et de la structure organisationnelle.

5 outils pour structurer la réflexion

Afin de lancer les premières pierres de ce chantier colossal, voici cinq pistes de réflexion à destination des entreprises :

  • Un changement culturel. L’intégration de l’IA n’est pas simplement une question de technique, c’est un enjeu culturel. Les représentants de services IT, RH et métiers doivent travailler ensemble pour créer un environnement cohérent et collaboratif qui relie les agents humains et IA. Concrètement cela a des implications sur les pratiques de management, sur la structure des équipes et sur les espaces de travail : il faudra faire de la place pour ces employés atypiques tout en reconnaissant l’impact qu’ils pourraient avoir sur les employés traditionnels.
  • Un accompagnement RH dédié aux agents. Depuis leur intégration jusqu’à leur cessation d’activité, en passant par leur formation et leur montée en compétences, les agents doivent être accompagnés d’un point de vue RH d’une manière totalement innovante. Les entreprises doivent créer une équipe dédiée sur le sujet pour analyser les processus existants et voir comment ceux-ci pourraient s’incarner dans un contexte numérique, s’agissant par exemple de rémunération (utiliser les ressources informatiques comme primes de performance ?) ou de comportement éthique (quel cadre mettre en place ? quelle incitation ?) ou encore d’amélioration continue du modèle (quels critères de montée en compétences pour l’agent ?)
  • Une gouvernance et une supervision à plusieurs niveaux. La gouvernance des agents IA ne peut être considérée comme une réplique de la gouvernance traditionnelle. Les organisations doivent développer des modèles de supervision à plusieurs niveaux qui comprennent à la fois des contrôleurs humains et des contrôleurs non-humains pour maintenir le niveau de conformité le plus robuste. Le défi critique qui émerge alors est de réussir à maintenir cette supervision à des coûts acceptables sans mettre en péril les gains d'efficacité que l'IA est censée apporter.
  • Une évolution dans la qualification des postes. L’émergence de l’IA agentique introduit des « collaborateurs agents » dans toutes les organisations. Dans le même intervalle, on assiste à l’apparition de nouvelles fonctions comme les « Directeur IA », les « spécialistes en interface Homme-IA » et les « responsables d’équipes IA ». Tous ces changements doivent être répercutés au niveau de la structure organisationnelle et de la définition des postes et des responsabilités pour permettre à l’entreprise de fonctionner efficacement.
  • Une communication claire et transparente. Si les entreprises pharmaceutiques décident d’introduire des agents IA, il est indispensable que leurs dirigeants communiquent ces projets de façon transparente auprès des collaborateurs, notamment s’agissant des impacts probables par types de postes. Même si ces impacts peuvent varier d’une équipe à l’autre (pour certaines cela aboutira à une augmentation de postes, pour d’autres à des restructurations), notre étude suggère qu'il est peu probable que les agents IA remplacent purement et simplement les humains à court terme. La clé de la communication tient donc dans la mise en avant de la valeur générée par ces outils auprès des employés humains, mais aussi des parties prenantes (patients, industriels du secteur, représentants du système de soins).
Définir dès à présent les plans de recrutement

L’industrie pharmaceutique se trouve aujourd’hui au seuil d’une nouvelle ère, celle de l’agentique et de l’entreprise hybride « homme et IA ». Cet écosystème d’agents intelligents s’apprête à révolutionner la performance des laboratoires depuis la phase de R&D jusqu’à la commercialisation, formant ainsi un « collectifs de talents digitaux » à entretenir et valoriser.

Mais cette tâche de rétention et de développement des talents IA demande davantage qu’une stratégie technologique. Il faut ici définir comment l’organisation compte accueillir, former, superviser et répliquer à l’échelle cette « main d’œuvre IA », tout en l’intégrant dans des processus de travail qualitatifs et éthiques. Objectif assumé : faire de ce vivier un vrai partenaire d’innovation des équipes en place.

La question se pose donc dès à présent pour les industries de santé : quelles sont vos prévisions d’embauches sur le mois prochain ? Et qui ciblez-vous dans les viviers IA ? 

Avec la course technologique engagée et l’enrichissement des outils, cette question risque de se complexifier sans tarder.



Cognizant France
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